* Rencontre à Paris entre les ministres des Finances
* Macron souhaite une clarification sur la gouvernance
* Air France-KLM "doit gagner en compétitivité", dit
Hoekstra
(Actualisé avec interview du ministre néerlandais dans Les
Echos §§9-12)
PARIS, 1er mars (Reuters) - La France et les Pays-Bas se
sont engagés vendredi à oeuvrer ensemble à l'amélioration des
performances d'Air France-KLM après plusieurs jours de tensions
créées par l'entrée soudaine de l'Etat néerlandais au capital du
groupe aérien.
Les ministres français et néerlandais des Finances Bruno Le
Maire et Wopke Hoekstra, qui se sont rencontrés pendant une
heure et demie à Paris, ont annoncé le lancement d'un groupe de
travail conjoint, censé rendre d'ici fin juin des conclusions
permettant de dissiper tout malentendu.
"Nous voulons aujourd'hui, à la suite de cet échange, ouvrir
une nouvelle page de l'histoire du groupe Air France-KLM", a
déclaré le ministre français aux côtés de son homologue devant
la presse à Bercy.
"Nous avons surtout voulu nous tourner vers l'avenir avec un
seul objectif qui est un objectif partagé : faire du groupe Air
France-KLM la compagnie aérienne la plus performante au monde",
a ajouté Bruno Le Maire, qui s'est abstenu de critiquer à
nouveau l'opération boursière des Pays-Bas.
A Bordeaux, lors d'un débat avec des élus de la région
Nouvelle Aquitaine, Emmanuel Macron a pour sa part déclaré qu'il
faudrait "sans doute clarifier la gouvernance du groupe",
estimant qu'on ne pouvait "pas être actionnaire de l'entité de
tête et actionnaire de la filiale".
"Ces clarifications faites, on doit ensuite tous travailler
ensemble pour que l'entreprise soit plus forte", a-t-il insisté.
"Notre rôle c'est de pacifier les choses, de faire qu'on
travaille le mieux possible avec les Néerlandais et que personne
n'importe dans l'entreprise de la politique et en particulier de
la politique nationale".
SOUTIEN RENOUVELÉ À BEN SMITH
Le gouvernement néerlandais a créé la stupeur mardi en
France en annonçant son entrée au capital d'Air France-KLM,
d'abord à hauteur de 12,68% puis de 14%, soit quasiment le même
niveau que l'Etat français, avec la volonté affichée de défendre
ses intérêts au sein du groupe aérien.
"Je suis conscient que notre prise de participation n'est
pas très orthodoxe mais elle part de bonnes intentions", a
déclaré Wopke Hoekstra vendredi, sans s'étendre sur les
motivations de son gouvernement.
Dans un entretien aux Echos publié vendredi soir, le
ministre a expliqué que l'opération devait nécessairement se
faire sous le sceau du secret.
"Je reconnais que c'est malheureux, mais c'était inévitable,
compte tenu des contraintes réglementaires pesant sur ce genre
d'opération, en France comme aux Pays-Bas", dit-il.
Wopke Hoekstra considère par ailleurs que la compagnie
aérienne doit gagner en compétitivité.
"Pour parler franchement, Air France-KLM évolue dans un
environnement très difficile et n'est simplement pas assez
compétitif. Des efforts supplémentaires sont nécessaires, y
compris du côté néerlandais, en prenant en compte les intérêts
vitaux de la France et des Pays-Bas", dit-il.
Les deux ministres ont annoncé la création d'un groupe de
travail, qui sera présidé conjointement par le français Martin
Vial, directeur général de l'Agence des participations de l’Etat
(APE), et Christiaan Rebergen, trésorier général du ministère
néerlandais des Finances.
Ce groupe devra "examiner" notamment la structure du capital
du groupe, les règles de gouvernance et "le respect par les deux
Etats de règles de bonne conduite", la composition du conseil
d'administration et la vision des deux pays quant à la stratégie
de long terme, est-il précisé dans un communiqué.
"C'est une occasion historique aujourd'hui de solder une
bonne fois pour toutes les incompréhensions qui pouvaient
exister entre la France et les Pays-Bas sur Air France-KLM",
juge-t-on à Bercy, où l'on souligne que les tiraillements ne
datent pas de la crise ouverte cette semaine alors que KLM est
nettement plus rentable qu'Air France.
Bruno Le Maire et Wopke Hoekstra ont par ailleurs renouvelé,
lors de leur conférence de presse, leur soutien au directeur
général d'Air France-KLM, le Canadien Ben Smith, dont la volonté
de renforcer l'intégration au sein du groupe a suscité des
inquiétudes côté néerlandais.
(Simon Carraud avec Myriam Rivet, Marine Pennetier et Elizabeth
Pineau, édité par Bertrand Boucey et Catherine
Mallebay-Vacqueur)
France et Pays-Bas jouent l'apaisement sur Air France-KLM
information fournie par Reuters 01/03/2019 à 20:56
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